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© Royal Syndicat d'Initiative de Malmedy

Et kwé chal, carnaval ?

  • Dossier
Liège  / Malmedy

Par François Colmant

Le carnaval reste une affaire sérieuse… même si la dérision demeure le mot d’ordre principal !

 

Lorsque les Malmédiens vous disent qu’ils fêtent le carnaval, le Cwarmê, depuis des siècles, ce n’est pas une exagération. Un document d’archives, qui référence la date du 25 juin 1459, mentionne déjà les lundi et mardi du Quarmae ! Tradition multiséculaire donc, qui fait vivre Malmedy à l’unisson pendant quatre journées festives et hautes en couleur qui s’étalent du samedi midi au mardi minuit. Quatre jours de liesse populaire pour marquer, déjà, la 558e édition du célèbre carnaval. Inscrit au patrimoine immatériel de la Fédération Wallonie- Bruxelles, l’évènement débute cependant un mois avant le fameux Mardi gras où, tous les jeudis, on assiste aux « p’titès haguètes », soit la sortie, avant la grande fête, des différentes sociétés qui composent le carnaval. « Les jeudis gras sont très importants puisqu’ils permettent aux membres des sociétés de faire, de manière folklorique, des appels aux dons volontaires pour les aider dans la confection de leurs costumes », explique Walter Querinjean, chargé des événements au syndicat d’initiative de Malmedy. « Les enfants sont également de la partie puisque le premier jeudi, ils défilent en cortège sur la place Albert Ier. Ce rassemblement compte près de 300 participants et fédère une bonne partie des écoles qui aident à la confection des costumes. » Les petits participants d’aujourd’hui étant les protagonistes de demain, autant commencer l’apprentissage très tôt ! Car ici, on ne badine pas avec la tradition et le patrimoine. Toutes les manifestations du Cwarmê se déroulent en effet en wallon ! « Nous demeurons le seul carnaval intégralement wallon et nous tenons bien entendu à ce que cela perdure ! » À la différence des villages voisins, Malmedy ne compte pas non plus de Prince Carnaval. Seul le Trouv’lê reçoit du bourgmestre une pelle à grain, symbole de renouveau et qui règnera sur la cité jusqu’au mardi soir.

 

Une quinzaine de masques

Le moment fort du carnaval, et donc de l’année pour les Malmédiens, se déroule le dimanche où un grand cortège, qui compte entre 2000 et 3000 participants, arpente les rues de la ville avant que ne débutent les « bânes corantes » (bandes courantes). Dans un joyeux désordre presque organisé, le public est gentiment pris à partie par les innombrables travestis, arborant fièrement leurs masques caractéristiques. Car à la différence – encore – des cités voisines, ce ne sont pas moins d’une quinzaine de masques authentiques qui composent le gros du cortège. « On peut estimer qu’au moins 1500 participants portent différents masques, même si le fameux long-nez est le plus célèbre. » Les longs-nez sont les animateurs en chef des bandes courantes. Par petits groupes, ils se rassemblent, choisissent une « victime » et l’imitent en tout point. Les moins patients se débarrasseront de ces drôles de taquineurs en leur offrant une généreuse tournée, tandis que les plus joueurs se prêteront au jeu et accompagneront leurs imitateurs dans des chorégraphies improvisées. Le Mardi gras est, quant à lui, surtout marqué par le « Mâssis Toûr » : une randonnée des sociétés carnavalesques. Le brûlage de la Haguète en fin de journée clôt pour sa part la fin du Cwarmê et de l’hiver.

 

www.malmedy.be


 

Un plat revigorant !

Pas de carnaval sans une célèbre salade russe ! « Je ne sais pas d’où provient le nom, mais ce qui est certain, c’est qu’avec une assiette, on repart en général pour un tour », sourit Walter Querinjean. D’après différentes sources historiques, ce fameux plat est né en réaction aux mets délicats qu’offraient les restaurants de la ville à l’occasion du carnaval, à la fin du XIXe siècle. La plupart des Malmédiens ne pouvant s’offrir pareille pitance, on improvisa alors un menu composé des « restants » de caves et autres aliments à longue conservation. Si la recette a évolué au fil des ans, certains incontournables y figurent depuis toujours, comme la betterave, le hareng ou la pomme de terre. Louée pour ses vertus revigorantes, elle connait autant de variantes que la ville ne compte de familles. Mais si vous souhaitez vous y risquer, voici une recette presque officielle.

Recette de "salade russe" pour 6 personnes

Ingrédients :

  • 20 harengs dessalés et nettoyés
  •  1 céleri-rave cuit
  •  1 kg pommes Boscop
  •  ¾ kg oignons
  •  2 ½ kg betteraves rouges marinées
  •  2 kg pommes de terre cuites
  •  400 gr gros cornichons à l'aigre-doux
  •  10 œufs durs
  •  ½ kg cerneaux de noix
  •  700 gr veau rôti
  •  200 gr jambon cuit
  •  2 verres à goutte de bon genièvre
  •  mayonnaise
  •  assaisonnement : sel, poivre, maggi, sauce anglaise, paprika

Hacher le tout très finement. Assaisonner, bien mélanger et laisser reposer au moins un jour. Servir tel quel ou avec une garniture d'œufs durs. On vous avait prévenu que c’était revigorant…

 

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