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LE COMPTOIR DES CRÉATEURS, Belge à 99 %

  • Tendance
Brabant wallon  / Genval

Par Carole Depasse

Le Comptoir des Créateurs voit double.

Après la boutique de La Hulpe, c’est au tour du site revalorisé des Papeteries de Genval d’accueillir un comptoir pour créateurs made in Belgium.

 

Laetitia Paternoster est courageuse et bosseuse. Dans la même année 2015, elle ouvre, en Brabant wallon, deux Comptoirs des Créateurs dont le concept est de diffuser les œuvres ou produits de créateurs belges et de quelques autres en provenance de pays limitrophes comme la France et les Pays-Bas. Le plus récent, le Comptoir des Papeteries de Genval, se développe sur une surface de plain-pied, éclairée par de larges baies vitrées, dans un style loft américain. Un choix d’aménagement et de décoration qui évoque l’histoire industrielle de son lieu d’implantation. Béton apparent, brique et métal, bois de récupération pour la mise en valeur des pièces en vente, dont des œuvres uniques. Tous les quadrimestres (ou trimestres à La Hulpe), le Comptoir se vide et se remplit de la production d’une vingtaine de créateurs nouveaux. Certains ont le privilège de durer une session supplémentaire en fonction du succès rencontré. Au Comptoir des Créateurs, vous pouvez (presque) tout trouver malgré la sélection rigoureuse de Laetitia : articles et accessoires de mode, objets décoratifs, bijoux, produits cosmétiques, Design & Art, vins de fête ou curiosités alimentaires. Laetitia n’admet dans ses comptoirs qu’un contenu défini comme moyen de consommer autrement, belge, de manière exclusive, créative, durable et jouissive. Car la jeune entrepreneuse est convaincue que le succès du concept s’explique par la conjugaison de plusieurs facteurs : le dynamisme créatif en Belgique, la recherche de vitrines d’exposition et une clientèle davantage encline aux achats responsables, locaux et durables. « Mes points de vente créent la rencontre et, s’il y a coup de foudre, ma mission est remplie ! »

 

L’esprit d’entreprendre wallon

L’idée du Comptoir des Créateurs n’est pas tombée du ciel. Elle est le résultat d’un cheminement personnel. Il y eut d’abord la naissance de Nathan, son fils aujourd’hui âgé de deux ans et demi. Ce fut l’époque du changement de cap. De l’événementiel, Laetitia dévie vers la décoration intérieure, suit une formation d’étalagiste et lance sa propre marque de meubles sur mesure pour enfants, Les Ateliers de Nathan (en vente au Comptoir de La Hulpe). Avec ses créations poétiques en bois, elle fréquente des pop-up stores. Elle en étudie le fonctionnement, entrevoit les failles et réfléchit aux possibles améliorations du système de vente « version éphémère ». En février 2015, convaincue par ce concept déjà existant, elle ouvre le premier Comptoir des Créateurs à La Hulpe, puis un second à Genval en novembre 2015. Les artistes et créateurs comprennent vite l’intérêt de ces points de vente originaux et la sollicitent. « Je complète la boutique en cherchant moi-même d’autres créateurs de telle sorte que l’offre soit variée. Je travaille avec un système de dépôt et une participation win-win avec des créateurs dont le statut professionnel est en ordre (N.D.L.R. ils possèdent un numéro de TVA). Je n’accepte que des articles de qualité qui durent dans le temps. Je regarde à tout : des matières et produits utilisés jusqu’aux finitions. La majorité des articles sont des pièces uniques ou peu ou pas vendues dans la région. Quel intérêt si le magasin d’à côté vend le même produit que moi ? » Laetitia est aujourd’hui secondée par deux vendeuses qu’elle envoie en formation chez les créateurs afin de mieux faire connaissance et d’être en mesure de raconter leur histoire aux clients. Encore un plus.

 

Commerce malin

Faire le tour de la boutique rend intelligent (juste un peu moins riche, car il est impossible de ne pas céder à la tentation). Une balade culturelle ! Chaque créateur vaut le détour et votre attention. Le vestiaire racé des stylistes Valérie Moreau ou Éléonore de Lichtervelde, les sweats et tee-shirts humoristiques de la marque Belge une fois (avec des slogans imprimés du genre « Je suis belge, don’t be jealous »), les coussins découpés dans des kilims anciens de Cortil12, les sacs Be Burlin pour femmes élégantes en vélo ou ceux de Lilu fabriqués dans des matières nobles, les produits de soin bio de Belle Bulle, la bière Vlawa brassée par la brasserie Grain d’Orge à Hombourg ou encore les bijoux Cocorico de Laura Placucci, encore une jeune femme qui a de la suite dans les idées (voir plus loin).

Si l’excellence est le souci majeur de Laetitia Paternoster, le service à la clientèle est aussi la règle de la maison. « Peu importe l’achat, s’il y a un souci, nous nous occupons du retour. Nous ne sommes pas un supermarché et l’écoute du client nous importe. Par exemple, nous pouvons faire fabriquer un sweat-shirt à la demande. On interroge le créateur et nous voyons avec lui dans quelle mesure cela est possible. » Les prix ? « Ils correspondent aux matières utilisées et aux heures de travail effectuées. C’est un juste prix. C’est aussi une question d’équilibre : nous proposons une gamme de prix entre 15 € et parfois plus de 1500 € pour un tableau ou une œuvre unique. Les petits prix ne veulent pas dire “brol” chez nous ! Outre la qualité pour laquelle je suis exigeante, les créateurs doivent pouvoir suivre le débit et, durant la période d’une session, réassortir si telle est la demande. Le Comptoir ne peut jamais être vide. » Comprenez que Laetitia ne rigole pas et les peintres du dimanche peuvent s’abstenir. Il en va de la crédibilité de ces deux Comptoirs, gage de leur pérennité et succès. 

 

RENSEIGNEMENTS :

Le Comptoir des Créateurs

Boutique 14, Square des Papeteries de Genval

Avenue Franklin Roosevelt, 100

B-1332 Genval

[email protected]

www.lecomptoirdescreateurs.be


 

COCORICO, UN NOM D’OISEAU POUR DES CRÉATIONS TOUTES EN PLUMES

Pour sa première collection de bijoux de fantaisie, Laura Placucci s’est tenue à des choses simples. C’est dans un atelier minimaliste, installé dans le recoin de ce qui fut sa chambre d’adolescente, au cœur du village d’Incourt, que la jeune femme imagine et crée ses bijoux aériens. Remarquée lors du dernier salon « Côté Campagne » par Laetitia Paternoster du Comptoir des Créateurs, Laura s’est lancée dans la fabrication de bijoux de fantaisie à l’esprit ethnique. Des plumes chatoyantes et flammées et du laiton vieilli pour des créations que n’auraient pas reniées les anciens chefs de tribus amérindiennes. Commercialisés au Comptoir des Créateurs des Papeteries de Genval, ses bijoux se sont littéralement envolés. Prix doux et design bohème, Laura a visé juste : les boucles d’oreilles et les colliers de sa première ligne de bijouterie séduisent par leur côté naturel. Sa page Facebook s’est rapidement enrichie de plusieurs centaines d’internautes fans de ses plumes.

 

Parures légères

À 26 ans, Laura est au début de sa vie et de sa carrière. Des études de fin d’humanités en Art de l’espace, suivies d’un baccalauréat en Création d’intérieurs à Saint-Luc (Bruxelles) et Laura comprend rapidement que le bijou contemporain est un secteur créatif fait pour elle. C’est sur un projet de « bijou tourbillon » qu’elle défend son mémoire de fin d’études avant de suivre, durant une année, à l’Institut de Bijouterie de Saumur (France) une formation qualifiante en joaillerie. Retour en Belgique. À côté d’un emploi de décoratrice d’intérieur, elle développe, en 2014, une activité indépendante de bijouterie de fantaisie. Bien que ses qualifications lui permettent un travail de création plus sophistiqué, la « fantaisie » offre une opportunité de tester le secteur sans prendre de risques disproportionnés. « Le bijou de fantaisie est plus simple à développer, car il ne requiert pas d’investissements lourds, mobilise moins de temps et propose des prix de vente raisonnables. » Avec un éventail de prix entre 15 et 39 €, les bijoux de Cocorico ont d’ailleurs fait l’objet d’une razzia lors des fêtes de fin d’année passée. Test réussi pour Laura qui songe à présent à diversifier Cocorico et étendre sa gamme aux bracelets et bandeaux de tête en vogue dans les années hippies.

Laura n’a pourtant pas le look hippie, bien que les plumes de ses boucles d’oreilles mêlées à ses longs cheveux blonds défaits vous disent le contraire. Laura est, en effet, plutôt chic. Elle raconte, organisée, son histoire débutante avec une satisfaction évidente, encore étonnée de faire l’objet d’attentions journalistiques. « C’est sans idée préconçue que j’ai acheté des plumes sur Internet. C’est un matériel naturel et léger qui me plaît. Ensuite, je les ai assemblées dans un processus de création pure », raconte Laura. Plumes de coqs, d’oies, de paons, de faisans ou d’autres oiseaux d’élevage composent depuis la ligne Cocorico, bijoux artisanaux inspirés de cultures lointaines. « À présent, j’imagine faire évoluer la plume dans un autre style plus design et une autre matière comme l’argent, par exemple. Les modèles vont se diversifier. » Puisque la demande est là, Laura avance. « J’espère pouvoir ouvrir prochainement un site Internet de vente en ligne et, pourquoi pas, voir mes bijoux portés par de jeunes artistes de ma génération. Je suis déjà contactée par des boutiques intéressées par mes bijoux... » Laura espère aussi que ses bijoux trouvent des canaux de diffusion vers l’Italie dont elle est à moitié originaire. Cocorico à l’aube naissante !

www.facebook.com/cocoricobijouxfantaisie


 

FASTOCHE

Laetitia Paternoster ne s’est pas contentée d’ouvrir deux boutiques en moins d’un an. Elle a aussi récemment repris la marque Fastoche créée par Ornella Marcella. « Le produit est tellement sympathique – en plus d’être bio et local – que je n’ai pas pu le laisser tomber lorsque j’ai appris qu’Ornella, pour des raisons personnelles, ne le suivrait plus. Je garde les mêmes fournisseurs liégeois avec qui je voudrais étendre la gamme. » Fastoche est une gamme de pâte prête à l’emploi pour la préparation de biscuits savoureux (moelleux au chocolat, spéculoos, barres de céréales, cookies...). Il faut juste, à la dernière minute, y ajouter les oeufs et le beurre frais. « C’est génial pour les parents qui cuisinent avec de jeunes enfants. On peut brûler les étapes ennuyeuses comme la préparation des ingrédients, la pesée... durant lesquelles la concentration du cuisinier en herbe tombe pour réaliser la recette jusqu’au bout. »

Prix : 9 € la bouteille pour six à huit personnes

www.fastoche.be 

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