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© DOC Kraken Realtime

KRAKEN REALTIME, le futur en temps réel

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Hainaut  / Charleroi

Par François Colmant

Une jeune entreprise carolo mise sur la réalité augmentée pour mieux appréhender le réel. Avec un brio certain !

 

Visiter, comme si on y était, une future maison à bâtir. Réaliser des simulations plus vraies que nature dans des domaines aussi variés que la médecine ou l’ingénierie. Ou encore, éteindre un feu virtuel étonnement réaliste. En quelques années, le monde de la 3D a radicalement évolué et offre désormais un nombre élevé d’applications en tous genres, dans des domaines parfois insoupçonnés. « On pense souvent aux jeux vidéo quand on parle de 3D et de réalité augmentée. En fait, les mondes de la culture, de l’éducation, du médical misent énormément sur cette technologie pour améliorer leurs enseignements ou la manière dont ils peuvent toucher leurs différents publics. » Boris Baghdikian et Alexandre Duforest, co-fondateurs de la start-up Kraken Realtime, croient dur comme fer à l’énorme potentiel de la réalité augmentée et à son implication dans la vie de tous les jours. Une intuition qui les suit depuis leurs études.

 

Plus vrai que nature

Après un cursus à la Haute École Albert Jacquard de Namur, les deux amis empruntent des chemins différents avant de se retrouver à l’initiative de Boris Baghdikian, alors en poste en Angleterre. « Je me sentais un peu frustré et à l’étroit dans l’entreprise dans laquelle je travaillais. D’autant plus que j’estimais qu’on pouvait réaliser tellement plus de choses avec cette technologie. J’ai vite recontacté Alexandre, qui a un profil complémentaire au mien, et Kraken Realtime a ainsi vu le jour. » Le projet est rapidement soutenu par le centre Héraclès, l’Agence du Numérique et Sambrinvest, qui accorde un crédit d’impulsion. Devenus leurs propres patrons, les deux jeunes entrepreneurs entendent s’aventurer dans différents secteurs, tels que l’architecture et l’urbanisme, tout en privilégiant l’e-learning et la simulation interactive. « Grâce à la démocratisation des outils, on a pu développer toute une série de solutions qui permettent un meilleur apprentissage grâce à des mises en situation virtuelle », explique Alexandre Duforest. Ainsi, des apprentis pompiers peuvent, en toute sécurité, appréhender les réalités du terrain en empruntant le chemin du virtuel. « De nombreuses études prouvent que l’apprentissage en direct, qui mobilise toute une série de stimuli, permet une meilleure rétention de l’information et accroît l’efficacité de l’enseignement théorique. On permet à l’apprenant d’être véritablement l’acteur de son apprentissage et non plus le spectateur, comme dans la 3D classique ou via un tutoriel vidéo », complète Boris Baghdikian. Convaincus que les cours de demain feront de plus en plus appel à cette méthode, ils entendent bien y prendre part et accroître encore leur compétence en la matière, en proposant une approche plus complète et intuitive. « L’avantage de la réalité virtuelle, c’est qu’on peut y ajouter une surcouche d’informations qui sera utile pour l’apprenant. À la différence d’une simple vidéo qui explique comment fonctionne une machine complexe. Nous pouvons la dématérialiser, « L’avantage de la réalité virtuelle, c’est qu’on peut y ajouter une surcouche d’informations qui sera utile pour l’apprenant. À la différence d’une simple vidéo qui explique comment fonctionne une machine complexe. Nous pouvons la dématérialiser, voir au travers et attirer l’attention sur certains éléments. » voir au travers et attirer l’attention sur certains éléments. » Le tout via des actions menées physiquement (avec une reconnaissance des mouvements) et directement par l’utilisateur. « Il est évident que l’aspect ludique et participatif permet une meilleure implication, une plus grande interaction. Et donc un meilleur apprentissage. En outre, nous pouvons enregistrer et comprendre le comportement de l’usager, indiquer différents points d’accroche qui peuvent être révélateurs d’une mauvaise compréhension ou d’un manque dans un cours théorique. » Une démarche qui séduit et qui place Kraken Realtime en pointe dans le domaine de l’e-learning participatif.

 

 
Du virtuel presque tactile

Dans la même logique, Kraken Realtime a fait forte impression lors des WorldSkills, le dernier salon des métiers qui se tenait en août à Sao Paulo. Sur une table, une carte traditionnelle de la ville de Charleroi, alors en lice pour accueillir la compétition en 2019. Armé d’une tablette, il suffit ensuite à l’utilisateur de la diriger vers le plan pour voir apparaitre la cité telle qu’elle pourrait être si elle venait à être nommée ville organisatrice. « On a laissé les curieux faire ce qu’ils voulaient et ça a très bien marché ! » Munis de l’appareil, la ville se dresse en trois dimensions sous nos yeux et réagit fidèlement à nos moindres mouvements. Si l’on souhaite zoomer, on s’approche. Si on veut tourner autour d’un bâtiment, on pivote autour de la carte et l’image reproduit fidèlement la modélisation créée, sans aucun temps de chargement. Bref, une vision du futur en temps réel !

Le monde de l’architecture, à l’évidence, ne peut que s’engouffrer dans une technologie aussi immersive. Ainsi, un futur client peut désormais se balader directement dans les plans de sa nouvelle maison, s’attarder sur un détail, mesurer pleinement l’espace disponible et envisager, éventuellement, des changements ou améliorations, en direct avec son architecte. À la manière d’un jeu vidéo, du type GTA ou Second Life, l’utilisateur peut presque « sentir » les lieux avant que la première pierre ne soit posée, imaginer une décoration détaillée et s’y égarer dans les plus infimes recoins. « C’est clairement l’avenir de la modélisation architecturale. On va beaucoup plus loin que ce qui se fait actuellement, via de simples images. Ici, on peut tout voir, tout bouger, tout envisager. On peut même mettre en avant un éventuel défaut de construction avant le début des travaux. De plus, la qualité des rendus ne fait que s’améliorer, ce qui accentue encore l’impression d’immersion. » Le futur à portée de main !

 

www.krakenrealtime.com 


 

C’EST QUOI, LA RÉALITÉ AUGMENTÉE ?

Souvent évoquée, parfois à tort et à travers, la réalité augmentée ajoute une couche virtuelle à la réalité visible. Terminologie un peu trompeuse cependant, puisque ce n’est pas la réalité qui est augmentée, mais précisément la perception que l’on s’en fait. La réalité augmentée peut donc être considérée comme une interface, un filtre informatif entre le monde brut et des données virtuelles qui viennent l’enrichir, la compléter, voire l’extrapoler. Elle s’intègre dans notre environnement grâce à des outils communs, comme les tablettes et Smartphones, même si, lorsqu’on évoque la réalité augmentée, on pense fatalement aux fameuses Google Glass, qui devraient bientôt débarquer sous une autre forme. Moins passepartout qu’une paire de lunettes, l’Oculus Rift nous entraîne lui dans une immersion presque totale. Ce casque aux allures futuristes offre une expérience sensorielle virtuelle incomparable à son utilisateur. Et si l’industrie du jeu vidéo se positionne en première ligne et développe déjà de nombreux projets, elle n’est pas la seule à s’y intéresser puisque différents secteurs comme la médecine, l’aéronautique ou le cinéma cherchent à exploiter toutes les potentialités permises par cette technologie. L’industrie du X est également sur le coup, tant les retombées financières s’annoncent importantes…


 

WORLDSKILLS

En août dernier, la Ville de Charleroi défendait, à Sao Paulo, aux cotes de Paris et de Kazan (Russie), sa candidature pour l’organisation de WorldSkills, la « coupe du monde des métiers manuels ». Pour les mêmes raisons que les Jeux olympiques d’hiver (2014) et la Coupe du monde de football (2018) – pour ne citer que ces deux exemples –, la candidature de Charleroi, tout comme celle de Paris, a été balayée par le compresseur russe. Toutefois, nos jeunes belges ont bien défendu nos couleurs lors de l’édition brésilienne de WorldSkills. 

 

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