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Objectif, décrocher la lune

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Hainaut  / La Louvière

Par Carole Depasse

Une métropole est la ville qui, à la tête d’une aire urbaine importante par sa population, ses activités économiques et culturelles, fait autorité sur les cités avoisinantes. La Louvière, 5e ville wallonne, Métropole Culture 2012, veut, de son aura, éclabousser la lune.

Moins poétique, les moyens f inanciers et logist iques alloués tous les deux ans par la Fédération Wallonie - Bruxelles, la Wallonie et la Communauté française pour l’action Métropole Culture permettent à la commune retenue de mettre en lumière son patrimoine culturel et toutes ses richesses. Pour être lauréate, La Louvière se devait donc de construire un projet culturel novateur dans lequel sa population est impliquée et son patrimoine révélé au plus grand nombre. Il s’entend que les Métropolitains sont, d’une part, viscéralement engagés dans le projet et, d’autre part, si fiers de l’honneur qui leur est fait qu’ils n’en resteront pas là une fois l’année écoulée. La Louvière Métropole Culture 2012, non seulement un formidable élan pour aborder un avenir plus radieux mais aussi pour exister dans la sphère d’influence culturelle hennuyère. En 2015, Mons sera « Capitale européenne de la Culture » et La Louvière, partie prenante dans l’organisation du futur événement, se positionne clairement. À titre personnel, Georges Haine, actuel échevin de la Culture, confie que rien de plus satisfaisant ne pouvait lui être offert au terme de sa carrière.

« Culture et développement économique sont aujourd’hui étroitement liés. Les investisseurs de demain répondront à l’appel d’une ville rénovée qui offrira aux entreprises un cadre de vie attractif et séduisant. »


Plus rentable que des bons de caisse

Les effets positifs espérés de Métropole Culture 2012, à court et à long termes, tant au niveau culturel et économique qu’au niveau de la cohésion sociale, sont aussi énormes que l’appétit d’un louviérois affamé. Georges Haine y croit. « Culture et développement économique sont aujourd’hui étroitement liés. Les investisseurs de demain répondront à l’appel d’une ville rénovée qui offrira aux entreprises un cadre de vie attractif et séduisant. » Pour allier la parole aux actes, la reconstruction de La Louvière est en cours, dont celle, prioritaire, du centre urbain enlaidi par la friche industrielle de la faïencerie Royal Boch. Comment réhabiliter l’espace abandonné et s’inscrire dans un concept de ville moderne sans en effacer les traces industrielles et fondatrices du passé ?

www.lalouviere2012.eu

 

Le dragon de La Louvière sévit toujours et partout…

En 2011, Franco Dragone, l’enfant chéri de La Louvière, a célébré les dix ans de sa compagnie, Franco Dragone Entertainment Group. Le directeur artistique et metteur en scène est aujourd’hui mondialement connu pour ses réalisations innovantes et spectaculaires. Parmi les réalisations les plus marquantes de ces dix dernières années, The House of Dancing Water, spectacle aquatique créé à Macao, qui fête son premier anniversaire et déjà applaudi par plus d’un million de spectateurs. Quatre prix prestigieux dans le monde du design et du marketing international ont déjà récompensé ce spectacle.

Toujours à la recherche de la perfection et de l’innovation, Franco Dragone vient également de concrétiser un contrat d’une ampleur sans précédent avec le puissant Dalian Wanda Group, en Chine continentale, pour la conception et la réalisation de plusieurs spectacles uniques dans différentes

villes chinoises visant une nouvelle rencontre culturelle entre Orient et Occident. La première concrétisation est prévue en 2014, à Wuhan.

Cependant, Franco Dragone n’oublie pas ses origines. La Louvière, Métropole Culturelle en 2012, accueillera une nouvelle édition de l’opéra urbain Décrocher la lune.

Franco Dragone vous donne rendez-vous en juin, dans le prochain numéro de WAW, pour expliquer plus longuement son parcours, son attachement et ses projets pour la Wallonie !

www.dragone.be

 

Un Royal descendant pour Boch ? 

Ironie du sor t, berceau de la cité, la Manufacture Boch, fondée entre 1841 et 1844 par Jean-François Boch et son fils Eugène, sera demain le point d’ancrage du quartier central restauré de La Louvière. La prise de conscience du potentiel de re-développement du site à partir de trois remarquables fours circulaires, dits fours bouteilles, et de quelques bâtiments annexes sauvés in extremis de la démolition, donnera bientôt le jour à un espace urbain où se mêleront logements, commerces et jardins publics autour d’un musée, Kéramis, Centre de la Céramique. Un projet de musée vivant, appelé de ses voeux par la population qui, dans un courrier signé par 235 personnes issues du monde artistique, culturel et associatif, s’inquiétait de la dégradation galopante de l’entreprise. « Si Royal Boch quitte demain le paysage industriel de la Wallonie, il ne peut disparaître de son paysage culturel. Son savoir-faire et son patrimoine doivent rester actifs d’une manière ou d’une autre. Nous restons convaincus qu’une poignée d’hommes et de femmes, aujourd’hui désoeuvrés, sont capables de garder vivant un patrimoine qui fait notre fierté et constitue notre identité ». L’idéal aurait été, selon Ludovic Recchia, conservateur des Arts décoratifs et industriels du Musée de Mariemont, de conserver une petite structure industrielle adossée au nouveau musée. À défaut, le nouvel espace muséal sera ouvert aux créations contemporaines et, surtout, aux « anciens » de Royal Boch qui pourraient être des « passeurs de savoir et de mémoire ». Il est à espérer que les ouvriers, derniers faïenciers de Belgique, apprécient l’initiative. Car pour eux, l’aventure industrielle est belle et bien finie. Ce sont les planches qui font désormais parties de leurs projets. Guidés par les comédiens de la Compagnie Maritime, huit ouvriers se découvrent des talents d’acteurs.

À défaut, le nouvel espace muséal sera ouvert aux créations contemporaines et surtout, aux « anciens » de Royal Boch qui pourraient être des « passeurs de savoir et de mémoire ». Il est à espérer que les ouvriers, derniers faïenciers de Belgique, apprécient l’initiative.


Royal Boch : la dernière défaïence
Actuellement en tournée en Belgique et à l’automne en France (Paris, Grenoble)
www.lacompagniemaritime.be

Histoires de Royal Boch
Séquences filmées et témoignages
Octobre 2012
www.keramis.be

 

La Louvière, ville champignon

Comme un champignon qui pousse en quelques heures quand la température et l’humidité sont idéales, La Louvière est sortie de terre en quelques années, dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous l’impulsion d’entrepreneurs géniaux et sous un climat propice à une éclosion fulgurante. « Du charbon bon marché, une main-d’oeuvre abondante, des moyens de communication efficients, des équipements techniques modernes, voilà, précise Karima Haoudy, conservatrice à l’ancien charbonnage du Bois-du-Luc, les principaux facteurs à l’origine de La Louvière dont les racines sont indéniablement et profondément industrielles ». Jean-François Boch, Gustave Boël… les industriels s’établissent là les uns après les autres. « Les usines et charbonnages y attirent une main-d’oeuvre des villages et bourgs ruraux voisins ainsi que des campagnes hennuyères, flamandes, luxembourgeoises, néerlandaises, allemandes et françaises. Autant de masses laborieuses qu’il faut loger, stabiliser, encadrer et accessoirement, contrôler ». Il fallait donc penser une ville. Ce que fit l’industriel Abel Warocqué, à l’origine des premiers plans d’urbanisation de La Louvière.

Bâtisseurs d’avenir. Une ville s’invente
Une exposition classique et utopiste qui rencontre l’histoire de La Louvière dont celle du futur. Des étudiants en architecture imaginent la ville en 2169 !
Écomusée du Bois-du-Luc
www.ecomuseeboisduluc.be

 

Bois-du-Luc, bientôt au Patrimoine mondial de l’Unesco ?

Le site minier du Bois-du-Luc, déjà classé Patrimoine exceptionnel de Wallonie, nourrit l’ambition légitime d’être inscrit ainsi que 3 autres sites miniers remarquables (Grand-Hornu, Bois du Cazier et Blegny- Mine) à la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. La décision tant attendue devrait tomber cet été 2012. Situé au coeur du bassin du Centre, Bois-du-Luc voit le jour en 1685. Il témoigne de l’ère industrielle et de son l’impact aux niveaux technique, paysager, architectural et social sur la région. Outre les infrastructures techniques minières, Bois-du-Luc se caractérise par son village ouvrier construit selon une urbanistique « patronale », expression du paternalisme des industriels aussi soucieux des conditions de vie des ouvriers salariés que du maintien de leur autorité sur la main-d’oeuvre employée.

Écomusée du Bois-du-Luc
Rue Saint-Patrice 2b
B-7110 Houdeng-Aimeries
+32 (0)64 28 20 00
www.boisduluc.com
www.sitesminiersmajeursdewallonie.be

 

Monsieur Hem, hem…

Sorti tout droit d’un chapeau imaginaire, Monsieur Métropole défroisse sa redingote fuchsia et ajuste ses lunettes noires à monture épaisse. Personnage improbable, il n’est nulle part répertorié dans le programmebottin de 120 pages. Il promène sa silhouette longiligne et ses mauvaises manières seulement là où il a un public à houspiller. Quand il est sérieux, Monsieur Métropole est graphiste fonctionnaire. Quand il est fatigué de l’être, il endosse son costume de comédien. Le Centre culturel régional du Centre cherchait à établir un lien entre tous les acteurs de Métropole Culture 2012. Monsieur Métropole est ce lien vivant, un présentateur fort peu sérieux qui rassemble une assemblée disparate dans une même hilarité bienfaisante. De son vrai nom David Greuse, il raconte qu’il existe à La Louvière une « tradition de l’effronterie rigolote qui traverse le temps et les générations ». Incarnée dans la pensée Bul et logo-ifiée par un escargot, elle continue d’adoucir la vie. « Les Louviérois sont lucides. Quand longtemps on vous a dit que La Louvière est la ville la plus moche, la plus pauvre et la plus dure de Wallonie…», mieux vaut en effet en rire. Rire de résistance. « Et quand n’on a rien autour de soi pour s’émerveiller, alors on s’émerveille des gens». Patience Monsieur Métropole : demain, La Louvière sera la ville la plus moderne du monde. « C’est ce qui m’inquiète ! Et si les Louviérois changeaient ? La ville a un passé ouvrier, son évolution risque d’attirer une population nouvelle ». Pas d’inquiétude, il semblerait que l’ambiance méditerranéenne de La Louvière vous immunise ! Et si vous ne pouviez assister qu’à un seul spectacle, Monsieur Métropole, quel serait-il ? « Le spectacle de Charlie Degotte : La chaise est toujours assise, qui s’inspire du poète avant-gardiste louviérois, Achille Chavée, pour créer une oeuvre atypique. Deux tarés qui parlent de la même chose, la belgitude. J’ai hâte d’entendre ! ». Hem, hem…

La chaise est toujours assise
Le Splendide (chapiteau)
www.lalouviere2012.eu

 

À voir, à faire…

Escargots à gogo

Une exposition visqueuse puisqu’elle propose de suivre les traces luisantes d’escargots dans l’histoire du Daily-Bul, depuis l’escargot-vedette de l’emblème des éditions (dessiné par Pierre Alechinsky) jusqu’aux colimaçons plus ou moins spiralés des écrits et oeuvres plastiques de doux dingues, bons amis du Daily-Bul. Textes, estampes, affiches, coupures de presse, dessins, réalisations sculpturales et objets s’enroulent autour d’une création contemporaine réalisée spécifiquement pour l’exposition. À l’occasion du dévernissage, deux géants, un escargot et un loup, suivis d’une fricassée de petitsgris, paraderont triomphalement en ville au rythme décroissant d’une fanfare.

Centre Daily-Bul & Co
www.dailybulandco.be
La grande parade de l’escargot géant

Impertinence, résistance, survivance

Quelle jouissance pour un musée que de programmer une exposition décalée ! Comment naît l’impertinence dans nos sociétés ? Pourquoi des artistes posent-ils des actes provocateurs ? Comment réagir face à des situations embarrassantes ? Pour répondre à ces questions, des oeuvres déboussolantes investissent la ville et l’ancien Palais de Justice de La Louvière reconverti en musée.

Coquin !
Musée Ianchelevici
www.ianchelevici.be

Décrocher la Lune

« Yes, we can ! », clame Barack Obama tandis que Sancho Gille, en bleu de mineur, décroche la Lune à La Louvière. Atteindre l’impossible, les Métropolitiains, they do it ! Pour la 5e édition, l’opéra urbain Décrocher la Lune, dont la direction artistique est assurée par Franco Dragone, entrepreneur nouvelle génération, prendra une dimension populaire inédite. Art dans la ville, participation citoyenne et valorisation du patrimoine culturel, la performance allie les trois critères de base du projet Métropole Culture 2012. Qui dit mieux ?

Décrocher la Lune
Centre culturel régional du Centre
+32 (0)64 21 51 21
[email protected]

100 Portraits dans la ville

Fabrizio Schiavetto, journaliste, a toujours été proche de La Louvière et de son actualité. Ses papiers l’ont conduit à rencontrer tant de personnages attachants qu’il en dresse aujourd’hui des portraits. Au total, 100 portraits de Métropolitains qui s’affichent sur la toile au fur et à mesure que l’année 2012 passe. Les visages photographiés en noir et blanc sont accompagnés d’un montage audiovisuel dans lequel chacun des Louviérois représenté a en main un objet particulièrement aimé, en lien avec la ville.

www.lalouviere-dynamique.be

Vues sur Murs

Ne dites plus « tag » ou « graffiti », c’est démodé, mais Street Art ! Courant artistique contemporain, l’art urbain aime être vu. Il prend donc ses aises dans des espaces publics inattendus qu’il habille de formes graphiques éphémères. Affiches, stickers, pochoirs, photographies… Attention : des artistes de renommée internationale descendent en ville !

Centre de la Gravure et de l’Image imprimée
www.centredelagravure.be

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